Les nouveaux propriétaires
veulent la peau du Cadratin !
Tout obtenir, à n’importe quel prix.
Il ne fait pas beau vivre dans un bel endroit sans en être le propriétaire. Ainsi, depuis 2004 et après mon expulsion du Quai Perdonnet – mon ancienne adresse – je me sentais très à l’aise à la Rue de la Madeleine 10, où j’avais rencontré des propriétaires charmantes et dont l’intérêt pour les activités du Cadratin était bien réel.
C’était compter sans les envieux, toujours à l’affût d’une bonne affaire et, dans ce cas, peu soucieux de respecter «l’esprit» d’un lieu tel que celui de cet atelier.
Les faits
A l’automne 2007, il s’est d’abord agit d’entamer, tout en douceur et en belles paroles, ce que j’appelle l’approche des propriétaires. Alors même qu’à cette époque ceux-ci n’étaient «pas spécialement intéressés de vendre» et qu’ils avaient très clairement exprimé leur intention de soutenir mes activités.
Quoi de mieux, en pareil cas, que de se prétendre «amis des Dagon» et d’affirmer «vouloir acquérir la maison afin de créer une Association» et, ainsi, d’être en mesure de «libérer le Cadratin du prix du loyer»?
Pour ma part, je n’ai jamais été dupe de la manœuvre. Mais que pouvais-je faire? Je n’avais pas la possibilité de me porter acquéreur d’un objet trop grand pour moi et, de surcroît, il paraissait exclu de séparer l’atelier du reste du bâtiment…
Il est à noter, ici, que les acheteurs ont alors obtenu un prix très intéressant, largement inférieur à celui qu’auraient pu exiger les propriétaires si la maison avait été destinée à la démolition, mais avec cette clause qui précisait que les nouveaux propriétaires s’engageaient à respecter le bail de l’Atelier, valable jusqu’en 2020. La vente a eu lieu le 1er juillet 2008.
Inutile de dire que cette clause n’a jamais été respectée. Quelques jours après la vente, nous avons reçu une notification de hausse de loyer: une manière bien étrange de soutenir le Cadratin… Le 5 septembre 2008, et après avoir beaucoup insisté, Ruth a enfin obtenu un entretien avec les nouveaux propriétaires. C’est au cours de cet entretien que nous avons appris que la parcelle avait été scindée en deux: L.C., l’instigatrice de l’affaire conservait la maison, alors que son beau-frère, P. J., devenait l’heureux propriétaire de l’Atelier.
Vous imaginez bien qu’en de telles conditions je me serais moi aussi porté acquéreur de cet objet. Mais à cette question, il nous a été répondu : «Tu penses bien que j’ai plus de plaisir à voir ma sœur que vous dans cette maison».
La suite
En octobre 2008, les nouveaux propriétaires m’informent qu’ils ont l’intention de créer un duplex au-dessus de l’Atelier, et que pour financer cette opération ils prévoient de construire cinq nouveaux étages sur la partie bureau-magasin. En «oubliant», bien sûr, de me préciser que le Cadratin serait amputé d’une importante surface puisqu’il s’agira d’une part d’aligner le bâtiment sur celui d’à côté et d’autre part de prévoir la place pour l’installation d’un ascenseur. Durée des travaux: plus d’une année… avec ce que cela suppose de nuisances, voir d’impossibilité de poursuivre l’activité de l’Atelier.
Devant ces faits, et dans l’impossibilité de poursuivre le dialogue, j’ai alors mandaté un avocat, lequel leur a signifié mon opposition à la mise en œuvre de ces travaux. En retour de courrier, les nouveaux propriétaires m’ont alors fait parvenir mon congé, ceci pour fin juin 2014, congé confirmé lors de la séance de conciliation du Tribunal des baux, dans sa séance du 3 février 2009. Et cela sans que la clause de respect du bail jusqu’en 2020, un acte pourtant notarié, ne soit pris en considération.
Ce qui précède, et qui se veut être le résumé de cette affaire, se veut également être le point de la situation à la mi-février 2009. Les très nombreux messages de soutien que nous avons reçu à ce jour, et qui ne cessent d’affluer, m’ont aidé à me déterminer: j’entends user de toutes les possibilités qui me seront offertes de me battre pour la survie du Cadratin.
Et d’ores et déjà je remercie tous ceux qui se sont engagés à mes côtés dans ce combat que j’estime juste et parfaitement légitime.
Jean-Renaud Dagon